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La parole est d'argent mais le silence est d'or

UNE INFORMATION HORUS D'OR : Investir dans l’or de façon innovante.



Emmanuel Ferry, Banque Pâris Bertrand Sturdza

2 minutes de lecture


Le retour de l’or dans les allocations d’actifs est inévitable. Dégager du revenu sur l’or en fait une stratégie complète.





L’opportunité d’avoir des pièces d'or et des lingots d'or dans un portefeuille n’a jamais été aussi forte. Les banques centrales vont progressivement déboucler une décennie de stimulation monétaire massive, hors normes, non orthodoxe, globale et coordonnée. Dans ce contexte chargé d’incertitudes macro-financières (inflation, solvabilité des Etats, crédibilité des banques centrales, pérennité du système monétaire international dans sa forme actuelle), investir dans l’or semble être une option attractive pour les investisseurs à la recherche d’une protection face aux valorisations excessives des grandes classes d’actifs actions et obligations, face à l’érosion du patrimoine par l’inflation et à la dépréciation structurelle du dollar.

Nous identifions sept raisons pour intégrer l’or dans une allocation d’actifs diversifiée.

1. Sur le plan cyclique,le point d’entrée demeure excellent aujourd’hui après le marché baissier de plus de 45% entre 2011 et 2015.

2. L’or s’avère un bon choix d’investissement en cas de tensions géopolitiques et de guerre commerciale.

3. C’est un actif stratégique qui a des capacités diversifiantes dans un portefeuille, ce qui est moins le cas des obligations d’Etat compte tenu de l’extrême faiblesse des taux d’intérêt.

4. C’est actuellement l’actif le plus diversifiant face au risque actions.

5. C’est une bonne protection face à l’inflation, en particulier au-delà du seuil de 3%. Dans ce cas, la performance annualisée observée de l’or dépasse 8% depuis 1970. A l’opposé, l’or protège aussi contre la déflation.

6. Enfin, l’or est une monnaie dotée d’une valeur intrinsèque, à l’inverse des monnaies dites fiat, décrétées par un Etat. La Fed a par exemple inflaté son bilan à un rythme annuel de près de 30% entre 2008 et 2015, alors que l’offre disponible en or a progressé de moins de 2% par an au cours des vingt dernières années.

7. A long terme,l’allocation optimale de l’or dans une allocation d’actifs diversifiée va de 5 à 10% en situation économique normale.

Warren Buffet a toujours été très sceptique sur l’or comme investissement. «L'or est extrait d'un trou en Afrique ou ailleurs. Ensuite, on le fond, on creuse un autre trou, on l'enterre à nouveau et on paie des gens pour le garder. Il n'a aucune utilité. Quelqu'un qui nous regarderait de la planète Mars resterait perplexe».C’est l’absence de revenu lié à la détention de l’or qui alimente ce scepticisme. En effet,sur le très long terme, le rendement annualisé de l’or est médiocre: depuis 1900, il ne dépasse pas celui des liquidités (+3,5%), contre +9,5% pour les Actions, +5,7% pour les Obligations d’entreprises et +4,8% pour les Obligations d’Etat. Si on remonte à 1800, le rendement de l’or corrigé de l’inflation est nul contre +6,7% pour les Actions et +3,3% pour les Obligations. En revanche, la situation diffère depuis l’effondrement du système monétaire de Bretton Woods – mis en place le 22 juillet 1944 – avec l’abandon de la libre convertibilité du dollar en or le 15 août 1971.Sur la décennie 70, période dominée par le retour de l’inflation (débasement du dollar sous Nixon, chocs pétroliers, hausse structurelle du chômage, dérapage des dépenses publiques),l’or est la seule classe d’actifs à afficher une performance positive après inflation (+23% contre -1% pour les liquidités, -1,5% pour les Actions et -1,2% pour les 

Obligations d’Etat).



Source: Banque PBS

Durant la période de taux d’intérêt négatifs, l’or dégageait implicitement un portage nominal positif. L’épisode de taux négatifs avait atteint un point maximum en 2016, avec un encours de dette publique et privée de près de 13 trillions de dollars, soit 27% de l’encours total. L’année 2018 marque la confirmation du retour des taux réels US en territoire positif, ce qui peut réduire l’attractivité relative de l’or sous l’angle du revenu. Une approche innovante permet de dégager un portage positif sur l’or en vendant activement des options d’achat (call) et/ou de vente (put). Une telle stratégie, implémentée de manière efficiente, permet de délivrer à l’investisseur en or un revenu annualisé de 3 à 8%. Cela permet sur une décennie de doubler la performance de l’or. La stratégie «Gold carry» permet de surper former l’or au cours des phases haussières (1,3x la performance de l’or) et baissières (0,4x). Cela confirme la capacité d’une composante revenu à apporter de la convexité à une classe d’actifs. Dans ce contexte,l’or devient un actif complet: protection du capital, appréciation du capital et génération de revenu.


BIOGRAPHIE

Emmanuel Ferry a rejoint la Banque Pâris Bertrand Sturdza SA en 2009 comme directeur des investissements. Il est également directeur et responsable de la gestion de PBS Investments, qui comprend notamment les fonds diversifiés SMART et FAST et les fonds Actions WISE. Il a auparavant travaillé dans différents établissements financiers (Exane BNPP, BNP Paribas, HSBC). Il a commencé sa carrière à la Direction du Trésor (Ministère des Finances, Paris). Il enseigne à la Toulouse Business School.





Rédigé le  31 mai 2018 17:52  -  Lien permanent

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