342 millions d’euros retirés chaque jour en France

"Déclencher un bank run nécessite d’énormes files d’attentes aux guichets, très honnêtement je pense que la force de frappe des Gilets jaunes est trop faible pour déstabiliser le secteur même à la marge”, juge Christopher Dembik, responsable de la recherche macroéconomique chez Saxo Bank. Selon le Groupement d’intérêt économique des cartes bancaires, une organisation privée réunissant la plupart des établissements financiers français, le montant moyen retiré chaque jour en France est de 342 millions d’euros (chiffres 2017). Pour atteindre un tel montant, cela représente 3.420 euros à retirer pour 100.000 personnes, 1.710 euros pour 200.000 personnes, ou 684 euros pour 500.000 personnes. Pour rappel, 126.000 personnes ont défilé en France en soutien aux Gilets jaunes le 8 décembre, record de la mobilisation pour le ministère de l'Intérieur.

Il faut souligner que la perspective de retirer des grosses sommes est également conditionnée au type de carte bancaire. Les plafonds dépendent des banques, mais ils tournent la plupart du temps entre 300 et 500 euros par jour. Les titulaires de carte premium peuvent espérer retirer autour de 1.500 euros. Ces contraintes limitent les risques, néanmoins les participants au mouvement peuvent augmenter les tensions plus facilement s’ils s’en prennent aux agences du même réseau bancaire.

Il est donc très improbable que l’appel des Gilets jaunes entraîne suffisamment de retraits. Toutefois, il ne faut pas sous-estimer la peur engendrée chez les épargnants exposés à la rumeur. On constate ce type de comportement chez certains automobilistes lorsqu’ils anticipent une pénurie de carburant avant que celle-ci aie lieu. Ils sont alors nombreux à se ruer dans les stations-service et génèrent eux-mêmes la pénurie tant redoutée.

En dernier recours, les autorités financières disposent d’une panoplie d’outils afin d’éviter la panique totale. "Le plus simple est de limiter le montant de retrait par jour et par compte, comme cela a déjà été fait en Grèce par exemple. Éventuellement cela peut s’accompagner d’un contrôle des capitaux. C’est très efficace pour éviter que les banques ne fassent faillite”, souligne Christopher Dembik de Saxo Bank. En cas de faillite avérée, rappelons que les dépôts sont couverts en cas de défaillance d’une banque de l’Union européenne, à hauteur de 100.000 euros maximum par déposant et par établissement.